Le responsable de Civic Watch appelle à la mobilisation contre les discours de haine et la xénophobie, lors d’un forum de dialogue

Par Tantan Patience, bénévole de Civic Watch

Bamenda, Cameroun – 4 septembre 2025

Pour les scrutins d’octobre 2025, un forum de dialogue multipartite s’est réuni à Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, le 4 septembre 2025. L’événement, placé sous le thème « Promouvoir des élections pacifiques, inclusives et exemptes de haine… », a rassemblé diverses personnalités pour faire avancer les valeurs démocratiques et la cohésion sociale dans la région.

Organisée par Civic Watch en tant que membre de la Coalition nationale pour le bilinguisme, cette session de dialogue d’une journée a rassemblé des leaders de partis politiques, des organisations de jeunesse, des acteurs de la société civile et des associations de médias. L’objectif était de discuter des moyens de favoriser un processus électoral pacifique, inclusif et sans haine. Les discussions ont également porté sur la dénonciation des discours de haine, de la xénophobie et de la violence pendant et après les campagnes, la promotion d’un journalisme éthique et le renforcement de la résilience des communautés face à la désinformation et aux discours de division.

Le forum a permis aux parties prenantes de présenter leurs actions, d’identifier les mesures qui peuvent être prises et de rappeler les responsabilités éthiques qui leur incombent pendant les élections.

Dans son allocution, le Dr Ngala Desmond Ngala, responsable de Civic Watch, a souligné que les partis politiques peuvent mener des élections sans échanger de violences et sans rhétorique incendiaire. Il leur a demandé de s’impliquer dans l’éducation civique inclusive, de développer une communication efficace, et de toujours considérer leur responsabilité envers les citoyens et la communauté dans son ensemble. 

S’adressant aux médias, le Dr Ngala a rappelé aux représentants des associations de journalistes qu’en tant que créateurs d’ordre du jour, ils ne doivent pas se contenter de relayer ce que les politiciens disent. Il a insisté sur leur rôle dans la gestion des situations conflictuelles lors des émissions et des reportages. Il a également rappelé que ce qui est publié peut soit accroître, soit réduire la haine et les échanges xénophobes entre les partisans. Malgré des défis tels que l’accès limité aux sources, les conflits d’intérêts, le sensationnalisme et les affiliations politiques, les journalistes ont été encouragés à vérifier les informations avant leur diffusion.

Les organisations de jeunesse et de la société civile ont également été appelées à aller au-delà de l’encouragement à l’inscription sur les listes électorales et à inspirer une participation active, en aidant les citoyens à distinguer les pratiques positives des pratiques néfastes.

Le Dr Sakah Bernard, animateur de la session, a quant à lui fait remarquer que les discours de haine détruisent la résilience des communautés en incitant à la violence, en affaiblissant la démocratie, en favorisant l’apathie politique, en approfondissant les divisions et en intimidant les défenseurs de la diversité.

Les participants ont suggéré des approches locales, notamment le dialogue interpersonnel, la création de clubs de défense de la paix pour les jeunes dans les écoles et les communautés, et l’amplification de la vérification des faits sur les réseaux sociaux.

Les discussions de groupe sur la collaboration des communautés avec les partis politiques et les médias ont donné lieu à des recommandations telles que l’organisation d’audiences publiques entre les leaders politiques et les communautés, la mise en place de partenariats entre les médias locaux/régionaux et les politiciens pour promouvoir la vérification des faits, et la sensibilisation aux dangers du journalisme citoyen.

À la clôture de la session, chaque groupe de parties prenantes a appelé ses homologues à se concentrer sur leurs objectifs, à former des coalitions solides et à renforcer les liens plutôt que d’alimenter les divisions. Enfin, ils ont souligné l’importance d’améliorer les compétences en communication pour favoriser l’unité avant et après les campagnes.

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